مراجعة
استهلال
Toupie or not toupie
Il y a deux catégories de spectateurs devant Inception. Ceux qui prétendent avoir tout compris... et les menteurs. Christopher Nolan nous invite à visiter des rêves dans des rêves dans des rêves, jusqu'à ce que votre cerveau demande une pause syndicale. Chaque règle est expliquée avec le sérieux d'un cours de physique quantique, puis immédiatement compliquée par une nouvelle couche de réalité. À ce stade, même votre GPS aurait annoncé : « Demi-tour impossible. » Heureusement, Leonardo DiCaprio sert de guide touristique de l'inconscient avec suffisamment de charisme pour nous convaincre qu'il est parfaitement normal de construire des villes qui se replient sur elles-mêmes ou de combattre dans un couloir sans gravité. Visuellement, c'est une démonstration de force. Les effets spéciaux ont si bien vieilli qu'ils donnent encore aujourd'hui une leçon à bon nombre de blockbusters récents. Quant à Hans Zimmer, il ne compose pas une musique : il fait directement vibrer votre cage thoracique. Le véritable tour de magie du film n'est pourtant pas son scénario labyrinthique. C'est de réussir à transformer une idée totalement improbable en aventure émotionnelle. Derrière les explosions et les paradoxes se cache simplement un homme incapable de faire le deuil de la femme qu'il aime. Et puis arrive cette fameuse toupie. Elle tourne. Elle vacille. Écran noir. Depuis plus de quinze ans, des millions de spectateurs dissèquent cette dernière scène image par image, comme si Nolan avait caché le code PIN de sa carte bancaire dans les dernières secondes du film. Au fond, la réponse importe peut-être moins que la question. Car si vous êtes encore en train d'y penser des années après la séance, c'est que le film a réussi son implantation.